Câlin mains homme et femme

L’amour du prochain

L’amour véritable est toujours
un amour individuel.

L’être humain, au cours des époques de l’histoire de l’humanité, a expérimenté différentes étapes de la relation à son « prochain ».

Ainsi, il a tout d’abord découvert le désir sexuel – octroyé par Lucifer – vers le milieu de l’Époque Atlantéenne, puis l’affection pour la famille (parents et enfants) donnée par Gabriel durant cette même Époque. Ensuite, des formes d’amour plus spirituel ont éclos durant l’époque préchristique avec Krishna et la dévotion (amour pour une divinité), ou le Bouddha Gautama et la compassion (partager la souffrance d’autrui).

Jusqu’à la Venue du Christ, il y a deux mille ans, l’être humain n’étant pas encore suffisamment individualisé, il ne pouvait être question d’un amour individuel.

En revanche, avec l’Incarnation du Fils de Dieu déclenchant l’intériorisation du « Je » et l’individualisation de la pensée, l’humain a commencé à ressentir un amour individuel.

L’amour véritable ou vertueux résulte de la distinction d’une personne particulière : « l’élue de notre cœur ».

Cela suppose la reconnaissance – même inconsciente – du « Je » particulier et individuel qui nous attire en l’autre, car il crée une résonance avec notre propre « Je » individuel.

L’amour christique est un amour-partage entre deux « Je » qui résonnent l’un par rapport à l’autre (être sur la même longueur d’onde).

La spiritualité hindoue (et plus largement orientale) ignore l’amour individuel. Elle le remplace par la compassion. La compassion est un sentiment que nous éprouvons pour des groupes de gens, ou pour l’humanité sans aucune distinction, et dans certains cas pour une personne « blessée » que nous voulons aider, car il est notre « semblable » (sans attirance particulière). Ici, il n’y a pas élection véritable, mais plutôt nivellement de l’amour.

Il ne s’agit pas de la même chose. Pour la spiritualité hindoue, le « Je » n’existe pas, et l’on doit aimer chacun de la même manière puisque l’individualité est une illusion. C’était vrai, il y a plusieurs milliers d’années (et, dans une certaine mesure, jusqu’à la venue du Bouddha), mais c’est faux de nos jours, car il faut tenir compte de la Venue du Christ. Sans le Christ et le « Je » individualisé, l’amour n’est pas possible ; on ne peut avoir que de la compassion pour son « semblable », puisque tout le monde est identique.

L’amour dévotionnel n’est pas un véritable amour non plus, car aimer une divinité sans être conscient de son individualité amène le dévot à sombrer dans une conscience de rêve ; et s’il aboutit dans sa dévotion, il ne pourra s’unir à sa divinité qu’en éteignant sa conscience (la symbiose, l’union avec le « Tout », ou le sommeil spirituel).

En revanche, en tenant compte du Christ, on développe en soi ce « noble sentiment » qu’est l’amour individuel, et s’il est impossible, de prime abord, d’aimer « tout le monde », en revanche on peut apprendre à aimer une personne d’après les spécificités qu’elle exprime. Puis, on en aimera deux, trois, quatre, etc.

A notre époque, ce ressenti profond qu’est l’amour individuel doit être cultivé dans son cœur et exprimé, afin de combattre l’égoïsme.

L’amour individuel résulte de l’ouverture du cœur spirituel (chakra du cœur). Nous ouvrons notre cœur lorsque nous reconnaissons l’individualité de l’autre comme proche ou complémentaire de la nôtre et en lien avec Dieu. Lorsque nous percevons l’image de Dieu chez l’autre, cela crée un écho en nous et nous ouvre le cœur : c’est cela l’amour individuel, car nous nous sentons alors un individu à part entière à l’image de Dieu.

Lorsque l’autre se révèle et exprime son individualité – les particularités de son « Je » – cela nous ouvre le cœur également, par résonance entre son « Je » qui s’éveille et le nôtre.

Comment exprimer ce ressenti qu’est l’amour individuel ? Il peut s’exprimer, au moins, de deux manières

Dans le cadre d’un couple, ou amour vertueux, avec l’adjonction de la sexualité (subordonnée à l’amour).

Dans le cadre d’une relation égalitaire (amitié choisie, collaboration dans une entreprise), ou/et fraternelle.

La sexualité et sa maîtrise

En ce qui concerne la sexualité, il est bon de savoir qu’elle existe depuis trente millions d’années environ, et qu’elle disparaîtra dans un maximum de cinq mille ans pour la partie de l’humanité qui aura choisi de vaincre l’animal en elle au nom du Christ.

La sexualité est encore puissante de nos jours. Il serait présomptueux de croire que nous pouvons nous en débarrasser facilement (chasteté), ou que nous pouvons descendre dans l’inconscient pour y faire face (psychanalyse). Dans les deux cas, nous sommes battus d’avance.

Ce n’est pas en descendant notre conscience au niveau de la sexualité que nous pouvons la transcender ; bien au contraire, c’est en élevant notre conscience que nous pourrons la maîtriser avec notre pensée.

À notre époque, nous estimons qu’un individu travaillant à son évolution spirituelle doit être capable de maîtriser sa sexualité. Cela ne veut pas dire s’en passer, mais être capable de raisonner son instinct sexuel. En réalité, la sexualité doit toujours être subordonnée à l’amour et à la pensée.

Or, si nous apprenons à descendre nos pensées dans notre cœur, il nous sera plus facile que nous ne le croyons de maîtriser notre sexualité et de la soumettre à notre pensée du cœur… au moins, la plupart du temps.

En aucun cas, notre instinct sexuel ne doit nous diriger ! La sexualité sans amour ni pensée est démoniaque ou retardataire.

Depuis la Venue du Christ, chaque individu est capable de cultiver une pensée forte reliée à son cœur. La paresse ne doit pas être une excuse pour se laisser manipuler par l’animal en soi (et les émotions et sentiments qui en découlent).

En revanche, il est souhaitable de développer sa capacité d’aimer. Aimer avec ou sans sexualité (puisque celle-ci deviendra de plus en plus secondaire), mais aimer de toute la force d’amour de son cœur, de toute la puissance de feu de son « Je » !

Exprimer pleinement son amour consiste donc à maîtriser ses pulsions sexuelles, et à se débarrasser de son éducation (son « censeur intérieur »). Ceci est possible en maintenant attentivement sa conscience au niveau de celle de veille. Si nous descendons au niveau du rêve, il devient alors impossible de maîtriser ni notre sexualité ni notre « censeur intérieur ».

Pour maîtriser notre sexualité, lorsque la pression de l’instinct sexuel (ou de procréation) est trop forte, il est même souhaitable de nous élever au niveau de la conscience imaginative (qui advient grâce à la pratique de la méditation créatrice et le lien au monde angélique), car elle permet de transmuter l’instinct sexuel en énergie créatrice.

Les relations amicales & Co

Dans le cadre d’une relation égalitaire, voire fraternelle (qui peut revêtir plusieurs aspects : amitié, amitié amoureuse, empathie, collaborations diverses, etc.), il ne s’agit pas de frustrer notre sentiment sous de multiples prétextes.

Le ressenti d’amour est un merveilleux carburant évolutif et créatif. Il faut le faire circuler et le partager. Notre amour peut servir à cultiver un idéal avec la ou les personnes que nous aimons, à créer quelque chose de grand pour notre évolution, à nous débarrasser de notre égoïsme et aider autrui à en faire de même.

Notre amour peut devenir une source d’inspiration, un solide point d’appui dans les « tempêtes de la vie », une protection, un abri, un sanctuaire pour l’être aimé.

En revanche, l’amour non-exprimé nous ferme le cœur, nous concentre sur notre petite personne et renforce notre égoïsme, notre frustration et notre aigreur face à la vie.

N’oublions pas : tous les prétextes que nous prenons pour justifier la non-expression de l’amour sont des moyens de rester égoïstes.

Il n’existe pas d’amour impossible, mais seulement des individus qui refusent de fournir l’effort de donner et de s’ouvrir à l’amour !

L’amour pour Dieu

Et, comme notre ami lecteur l’a certainement compris par les lignes ci-dessus : l’amour est lié avec l’évolution spirituelle et tout particulièrement la méditation (la vraie !). Il ne peut exister d’amour sans méditation et lien avec le monde spirituel, puisque l’amour provient du monde spirituel (de notre Âme céleste ou Moi supérieur). Le reste n’est qu’illusion !

L’Église n’a jamais su parler d’amour. Elle n’a su parler que de procréation et de châtiments réservés à ceux qui cherchaient le véritable amour. En fait, les mariages étaient arrangés, et la procréation tuait le reste d’amour pouvant survivre à cette mascarade. La seule manière de vivre l’amour était hors mariage (voir l’amour courtois ou fin ‘Amor des 11e et 12e siècles : l’époque qui a su le mieux cultiver l’amour individuel), or l’Église condamnait les amants, et donc l’amour individuel.

Pour l’Église, il y a la procréation et la famille : la sexualité est taboue, mais elle est tolérée pour la procréation par le sacrement du mariage, La relation sexuelle se voyait donc réduite à un moyen de procréer – sans amour – pour la survie de l’espèce humaine : ce n’est plus de l’amour mais de l’élevage !

Pour l’Église, il n’existe donc que l’amour pour Dieu ou celui de tous les humains (la charité). Comme en Orient préchristique !

Mais comment aimer Dieu ? Il est impossible d’aimer quelque chose d’abstrait.

En vérité, sans la connaissance de Dieu, on ne peut pas éprouver d’amour pour Lui.

Heureusement, Dieu le Père a envoyé son Fils. À travers l’Incarnation du Christ et la connaissance de Sa vie (grâce aux Evangiles), il est possible de L’aimer. Ainsi, le christianisme devient la seule religion concrète où Dieu S’est fait homme, ce qui nous permet de L’aimer en toute liberté.

Les autres religions obligent leurs croyants à aimer un Dieu qui reste inconnaissable (donc impossible à aimer). Le dieu en question est alors forcément autoritaire.

La compassion et la charité vers la fraternité

Quant à la charité (du latin caritas signifiant tendresse), c’est une sorte de compassion. Elle n’est donc pas de l’amour, mais une autre qualité, bien qu’elle dépende également du cœur.

On peut distinguer la compassion bouddhique de la charité christique.

La compassion est la peine que nous éprouvons devant l’humanité souffrante. C’est un sentiment global sans distinction particulière, qui surgit presque malgré soi. Ce sentiment qui va devenir de plus en plus naturel grâce au Bouddha Gautama, est une qualité du cœur et une préparation à la future Vertu de la Fraternité.

Dans la compassion, nous ne tenons pas compte du « Je » individuel de l’autre, mais uniquement de sa souffrance d’être humain ; nous nous ressentons coresponsables de la souffrance de l’humanité.

Avec la charité, l’impulsion christique ajoute la conscience de soi et l’individualité. Nous agissons avec charité pour des gens que nous connaissons en priorité (ceux pour lesquels nous éprouvons de la tendresse – étymologie du mot). Un autre aspect de la charité est que nous donnons pour donner, sans en tirer un quelconque bénéfice pour l’ego : « ta main gauche ne doit rien savoir de ce que donne ta main droite ».

La fraternité est une compassion ou une charité plus poussée encore, où nous aidons autrui à évoluer et à se redresser lorsqu’il tombe. Non seulement nous sommes capables de ressentir toute la souffrance et les difficultés de l’autre, mais notre amour nous pousse à l’aider à demeurer digne de l’être humain qui est à l’image de Dieu.

La fraternité demande une conscience aiguë de soi et de l’autre, qui n’est guère possible à ce jour, sauf pour un individu qui aurait vaincu son égoïsme (tout au moins en grande partie).

De nos jours, on peut dire que l’humain peut éprouver trois sortes de qualités reliées à l’amour

Couché de soleil au-dessus des nuages, photo de Caroline Saad

L’amour pour le divin

Il se vit grâce à Christ, le seul Dieu qui se soit fait chair, nous permettant de L’aimer comme une individualité concrète.

Danse de deux papillons

L’amour individuel 

C’est l’amour pour son prochain sous toutes ses formes. Le Christ Lui-même a bien eu des préférences : Jean le Baptiste, choisi pour Le baptiser et témoigner de Son Incarnation. Marie, élue pour jouer le rôle transcendant de sa Mère. Lazare-Jean qui fut le disciple que le Seigneur aimait. Marie-Madeleine qui l’a accompagné et joué un rôle de Fille. Les douze apôtres élus également par Lui, ainsi que Paul qu’Il a choisi pour transmettre l’enseignement christique. Ce sont bien des cas d’amour individuel que le Christ a confirmés à ses apôtres, en leur déclarant : « Aimez-vous comme je vous ai aimés ». (Jean 13 :34)
En développant notre « Je », nous pouvons nous reconnaître en l’autre et partager notre amour avec lui. En apprenant à bien ouvrir notre cœur spirituel, et à cultiver la conscience de soi, nous pouvons apprendre à aimer autrui : une ou deux personnes au début, puis de plus en plus d’individus (à des degrés divers). Bien sûr, plus les gens se révèlent et ouvrent leur cœur en pleine conscience, et plus il est facile de les aimer. Mais il faut d’abord chacun commencer par ouvrir son cœur et fournir les efforts nécessaires pour exprimer son amour, afin de vaincre son égoïsme.
Nous rappelons que ceci n’a rien à voir avec la sexualité.

Mains ensemble d'un groupe de personnes

La fraternité

Comme un étape supérieure à la compassion et à la charité, c’est l’amour du lointain, de ceux que nous ne connaissons pas, avec lesquels il n’existe aucune résonance particulière. Malgré cela, nous pouvons percevoir en chacun l’image de Dieu au plus profond de son être. En gardant cet état d’esprit, il est possible d’éprouver de la compassion, puis de la charité pour des inconnus (qui ne restent pas longtemps inconnus). La véritable fraternité se développe lorsque l’amour du lointain s’associe avec l’amour du prochain : nous nous trouvons face à des êtres que nous n’avons pas élus nous-mêmes, mais que le destin a placé sur la même route que la nôtre. Ce ne sont pas des amis, et ils ne sont pas de notre famille. En partageant un idéal commun, et en œuvrant en groupe avec eux, nous apercevons que l’amour du lointain se transformera, petit à petit, en l’amour du prochain : alors le miracle de la fraternité aura semé une graine au sein de l’humanité, dans l’espérance qu’un jour puisse exister une civilisation fraternelle, qui collaborera consciemment avec le Monde spirituel ! Ce sera l’ère du Verseau. Le chemin de l’amour est une préparation pour la manifestation de cette future civilisation.

Pierre LASSALLE

Conseils de lecture

Si vous voulez aimer, voici des pistes d’ouvrages (tous aux éditions Terre de Lumière), pour approfondir nos propos :

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